Pourquoi consulter un psy ? (Et pourquoi on attend toujours trop longtemps)
- Laurent Chorier

- il y a 20 heures
- 2 min de lecture
Il y a une phrase que j'entends souvent en première séance : "J'aurais dû venir bien avant."
Les gens arrivent après des mois, parfois des années, à porter seuls quelque chose de lourd. Ils ont attendu que ça passe. Ils se sont dit que ce n'était pas si grave. Qu'ils n'avaient pas vraiment de raison de consulter. Que d'autres avaient des problèmes bien plus sérieux.
Et pourtant, ils sont là. Épuisés d'avoir tenu.
On ne consulte pas seulement quand on "va très mal"
C'est peut-être l'idée reçue la plus répandue : pour voir un psy, il faudrait être au bord du gouffre. En crise. Dans l'incapacité de fonctionner.
En réalité, la plupart des personnes que je reçois fonctionnent. Elles travaillent, elles s'occupent de leurs enfants, elles gardent le sourire en société. Mais en dessous, il y a quelque chose qui pèse. Une anxiété qui revient. Une fatigue qui ne part pas. Un sentiment diffus de ne pas être à sa place. Des relations qui se répètent de la même façon, toujours avec les mêmes douleurs.
Consulter, ce n'est pas réservé aux situations d'urgence. C'est parfois simplement décider qu'on mérite de comprendre ce qu'on vit, et de ne plus le porter seul.
Ce qui amène vraiment les gens à pousser la porte
Dans mon cabinet, les motifs sont très variés. Stress chronique, crises d'angoisse, burn-out professionnel, deuil, séparation, manque de confiance en soi, difficultés relationnelles, sentiment de vide, troubles du sommeil...
Mais au fond, derrière ces mots, il y a souvent la même chose : une souffrance qui a duré trop longtemps, et l'envie que quelque chose change.
Parfois aussi, ce n'est pas une souffrance précise. C'est juste le besoin de se poser, de parler à quelqu'un en dehors de son cercle, dans un espace vraiment confidentiel. De comprendre pourquoi on réagit de telle façon. De mieux se connaître.
Ces raisons-là sont tout aussi valables.
La peur du regard de l'autre
Beaucoup hésitent parce qu'ils ont peur d'être jugés. Par le psy. Par leurs proches qui pourraient l'apprendre.
Je le comprends. Il reste encore aujourd'hui une forme de stigmate autour du fait de consulter un professionnel de santé mentale, comme si cela signifiait une faiblesse, ou un aveu d'échec.
Pourtant, consulter demande du courage. Regarder ce qui se passe en soi, accepter d'explorer des zones qu'on a longtemps évitées, ce n'est pas une démarche de faiblesse. C'en est une de lucidité.
La première séance ne vous engage à rien
C'est quelque chose que je tiens à dire clairement : venir une première fois, c'est juste venir voir. Faire connaissance. Parler de ce qui vous amène, de ce que vous attendez, de ce que vous ne savez pas encore très bien nommer.
À l'issue de cet échange, c'est vous qui décidez si vous souhaitez continuer. Il n'y a pas d'engagement, pas de contrat tacite. Juste une rencontre.
Et parfois, cette première séance suffit déjà à remettre un peu d'air là où il n'y en avait plus.
Si vous hésitez encore, c'est peut-être que quelque chose en vous sait déjà que ce serait utile. Laurent Chorier, psychanalyste à Barsac, consultations en cabinet et en visio.




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